Suivi de charge
ACWR : lire la variation de charge
L'ACWR compare la charge de la semaine en cours à celle des semaines précédentes. Il sert à repérer les accélérations. En revanche, il ne prédit pas les blessures, et mieux vaut comprendre pourquoi avant de l'utiliser.
Ce que mesure l'ACWR
ACWR est l'abréviation d'acute:chronic workload ratio, le rapport entre charge récente et charge habituelle. Le ratio ne juge donc pas le volume d'une semaine en soi : il mesure l'écart avec ce que l'athlète encaisse d'ordinaire.
Un ratio proche de 1 veut dire que la semaine ressemble aux précédentes. À 1,5, l'athlète encaisse la moitié en plus. À 0,7, il est en décharge. Une même semaine de travail ne pèse pas pareil après trois semaines calmes ou au milieu d'un bloc déjà chargé. Le ratio rend cet écart visible.
Le piège du couplage
La formule d'origine rapportait la semaine en cours à la moyenne des quatre dernières semaines. Le problème vient de là : cette moyenne incluait la semaine en cours, qui comptait donc au numérateur comme au dénominateur. Windt et Gabbett ont montré que ce couplage lie artificiellement les deux termes du rapport. Ils ont aussi fourni la formule pour convertir un ratio couplé en ratio découplé.
La version découplée retire la semaine en cours du dénominateur, comme dans la formule ci-dessus. Elle se lit différemment : à charge identique, un pic ressort plus haut qu'avec l'ancienne formule. Les repères de zone doivent être remontés en conséquence, sinon tout passe en alerte.
La monotonie, l'autre lecture
L'ACWR juge la semaine dans son ensemble. Il ne dit rien de la répartition des séances à l'intérieur de cette semaine. C'est ce que Foster appelle la monotonie : la moyenne des charges quotidiennes divisée par leur écart-type.
Une semaine où tous les jours se valent donne une monotonie élevée, même quand le total reste raisonnable. Ce qui pèse alors, c'est l'absence de jour facile, pas le volume. Le produit charge × monotonie donne le strain, qui combine les deux.
Ce que l'ACWR ne fait pas
L'ACWR a longtemps été présenté comme un prédicteur de blessure, zones de risque chiffrées à l'appui. Cette lecture est aujourd'hui contestée. Impellizzeri et ses collègues en ont détaillé les faiblesses : le ratio devient instable dès que la charge chronique est basse, ses hypothèses de départ n'ont jamais été vérifiées, et une charge chronique tirée au hasard prédit aussi bien que la vraie.
Comment s'en servir utilement
- Regardez le détail par modalité. Un ACWR global de 1,4 peut cacher une hausse de ski compensée par une baisse de muscu. Ce sont deux situations très différentes, que le total confond.
- Croisez avec le wellness. Une hausse de charge bien tolérée n'a pas le même sens qu'une hausse accompagnée d'un sommeil dégradé et de douleurs signalées.
- Utilisez-le pour ouvrir la discussion avec l'athlète, pas pour trancher à sa place.
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- Foster C. Monitoring training in athletes with reference to overtraining syndrome. Med Sci Sports Exerc 1998;30(7):1164-8. PubMed
- Windt J, Gabbett TJ. Is it all for naught? What does mathematical coupling mean for acute:chronic workload ratios? Br J Sports Med 2019. PubMed
- Impellizzeri FM, Tenan MS, Kempton T, Novak A, Coutts AJ. Acute:Chronic Workload Ratio: Conceptual Issues and Fundamental Pitfalls. Int J Sports Physiol Perform 2020;15(6):907-13. PubMed